J’ai longtemps essayé de comprendre la boulimie, cette compagne de toujours qui se rapproche de moi jusqu’à me posséder quand je suis seule, angoissée
ou quand je m’ennuie avec moi-même.

 


"Je la crains mais ne peux vivre sans elle,
elle me possède et je n’existe plus,
elle m’épuise, me rend folle.
Je suis violée par elle. J’y consens sans le vouloir.
Je voudrais dormir pour ne plus y penser

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Cette étrangeté de ma dualité m’angoisse.
J’ai même l’impression la nuit d’être une somnambule endormie qui découvre avec effroi le lendemain matin l’ampleur de ses débordements alimentaires, tel un champ de bataille où la nourriture et elle ne furent plus qu’un.
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Cette description a effrayé et déstabilisé plus d’un psychanalyste…
Aussi ai-je cessé de chercher des solutions pour cette pathologie par des moyens utilisant l’intellect, telle la psychanalyse.
Cette thérapie est d’ailleurs très coûteuse et perd de plus en plus de terrain dans la communauté scientifique quant à son efficacité réelle et en particulier pour ce type de problématique.

Les chances de guérir par le moyen d’une analyse sont bien minces puisque l’on sait que le malade passe d’un « besoin » réel de se remplir à un « automatisme reproductible » dont il est très difficile de sortir par l’intellect seul.
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La solution, comme l’origine de cette pathologie, doit passer par le cerveau émotionnel puisqu’à mon sens la boulimie est une pathologie du cerveau émotionnel.
(« Cerveau des émotions »)

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La honte, l’insécurité et la culpabilité sont le berceau de cette pathologie.
C’est le supplice de la « nullité ressentie » et dont, par surcroît, on se sent responsable.
J’ai observé dans quasi tous les cas que la boulimique se sent responsable de sa blessure.
En aucun cas, elle n’envisage avoir été victime, d’où le manque total d’estime de soi.

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DE L’IMPORTANCE DU TOUCHER

 


J’ai souvent remarqué que le fait d’être touchée au cours d’une crise de boulimie, ce qui est malheureusement rare puisqu’elles surviennent habituellement dans la solitude la plus totale, permet d’arrêter la crise par effet de contact avec le réel, ceci malgré la honte.

 

 

Le toucher, cette solution qui passe par le corps, est le premier moyen de mettre la patiente en phase avec une guérison. La mise en contact direct de celle-ci avec le désordre qui est le sien ne peut se faire facilement autrement...
Le manque de toucher de la toute petite enfance se traite en quelque sorte par le toucher consenti et dirigé du massothérapeute.

 

Le toucher rassure alors que la nourriture incarne un danger de tous les instants.
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DE L’IMPORTANCE DE LA SATIÉTÉ

 


A la différence de l’individu normal, chez elle, la faim engendre la panique, la panique de la perte de contrôle.
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Ses armoires de cuisine sont « sur stockées » en permanence pour pallier à l’anxiété du manque.
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La boulimique connaît difficilement la satiété parce qu’elle n’a aucune conscience corporelle, je dirais même cellulaire, de ce qui se passe dans ce corps qu’elle rejette.
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Que ce soit bon ou pas n’a aucune importance.
Elle est en situation de survie et ingère tout ce qui lui tombe sous la main par un « remplissage mécanique » bien peu élégant mais qui lui semble, dans l’immédiat, être le seul moyen de stopper sa crise.
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La boulimique ne doit absolument pas fonctionner dans la frustration car son problème est du domaine de « l’irrationnel », en ce sens que ni les mots ni le raisonnement, c'est-à-dire le cerveau cognitif, ne peuvent avoir la moindre influence.
(Voir « Intelligence du cœur et notion des deux cerveaux » chapitre 6)
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La frustration alimentaire est « épidermique »,
telle une blessure corporelle ouverte.

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La boulimique en crise a besoin dans l’immédiat d’une solution de survie.
Elle ne peut être dans la réflexion.


La très grande majorité des thérapeutes ne mesurent pas l’intensité de la panique qui accompagne la crise.
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L’ INSÉCURITE DE LA BOULIMIQUE

 


Ceux qui se sont attachés à une mère ou à des parents anxieux ou absents affectivement ne se sentent bien qu’en contact avec leur propre monde qu’ils se sont fabriqués et plus rassurant.
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La boulimique reporte son bonheur à plus tard, à quand elle aura atteint ce qu’elle désire.
Or, cette dernière, au fur et à mesure de l’amaigrissement craint plus ou moins inconsciemment de ne pas avoir le courage de réaliser ce qu’elle souhaitait pourtant au plus haut point.

 

 

Elle fuit souvent l’action qu’impliquerait une telle réalité et se trouve plus rassurée en continuant de se projeter dans un rêve qui ne se réalisera jamais.

 

Cette observation est bien sûr du domaine de l’inconscient. Il est aisé de comprendre pourquoi la boulimique est en perpétuel état de souffrance puisqu’elle espère toujours ce qui n’est pas. Parce qu’elle se sait intuitivement insécure, elle n’aura pas la confiance en elle et l’énergie d’y arriver.

La boulimique est en somme une handicapée de l’énergie par l’insécurité qui imbibe chacune de ses cellules dans leur mémoire.
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DE L’IMPORTANCE DE L’ACCOMPAGNEMENT

 


Le besoin de reconnaissance des problèmes par le thérapeute est vital.
Cela dépasse tous les discours et le fait de pouvoir évacuer les non dits, permet d’entrer beaucoup plus vite dans le cœur du sujet…

- Confier à un étranger ce qu’on n’a jamais dit à son entourage, même le plus proche,
- Se dénuder, étaler les problèmes, les mettre sur la table,
- Les ranger par ordre d’importance,
- Savoir ce qui bloque et découvrir le moteur qui vous mettra sur le chemin du changement.

 

 

Se soulager dans ce partage, ne plus se sentir seule,
savoir que quelqu’un vous tient la main et vous comprend,
est une nécessité tout à fait légitime.